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Origines des connaissances des Arabes

l'histoire



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Origines des connaissances des Arabes

Leur enseignement et leurs méthodes

1. – Source de connaissances scientifiques
et littéraires des Arabes



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Deux grandes civilisations, celles des Perses et des Byzantins, jetaient leurs derniers feux lorsque les Arabes commencèrent leurs invasions. Le monde nouveau où pénétraient les disciples du prophète frappa vivement leur imagination ardente et ils apportèrent bientôt dans l'étude des arts, des lettres et des sciences, autant d'ardeur qu'ils en avaient mis dans leurs conquêtes. Aussitôt que les khalifes virent leur empire assuré, ils fondèrent dans toutes les villes importantes des centres d'enseignement, et réunirent autour d'eux tous les savants capables de traduire en arabe les ouvrages les plus célèbres, ceux des Grecs surtout.

Des circonstances particulières rendirent cette entreprise facile. Depuis un certain temps les connaissances scientifiques de l'antiquité gréco-latine s'étaient répandues en Perse et en Syrie. Lorsque les nestoriens avaient été exilés de l'empire d'Orient, ils avaient fondé à Édesse, en Mésopotamie, une école qui propageait les connaissances des Grecs en Asie. Quand cette dermère fut détruite sous Zénon l'Isaurien, ses pro­fesseurs furent bien accueillis par les rois Sassanides et cet accueil eut pour résultat d'amener plus tard en Perse les savants des écoles d'Athènes et d'Alexandrie lorsqu'elles furent fermées par Justinien. Ils traduisirent dans les langues les plus répandues de l'Orient, le syriaque, le chaldéen, etc., les auteurs grecs les plus estimés tels qu'Aristote, Galien et Dioscoride.

Lorsque les Arabes s'emparèrent de la Perse et de la Syrie, ils y trouvèrent une partie du précieux dépôt de la science grecque. Sous leur influence, les versions syria­ques furent traduites en arabe ; les anciens auteurs qui n'avaient pas encore été traduits le furent bientôt, et les études scientifiques et littéraires reçurent une impul­sion très vive.

Dans l’édition papier de 1980

apparait à la page 340

la figure # 215

Porte d'une petite mosquée-école, à Damas ; d'après une photographie de l'auteur.

téléchargeable sur le site web : Les Classiques des sciences sociales
section Auteurs classiques : Gustave Le Bon (1841-1931) :
La civilisation des Arabes (1884).

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Les Arabes ne se contentèrent pas longtemps de ces traductions ; beaucoup d'entre eux apprirent à lire les anciens auteurs, les Grecs surtout, dans leur propre langue, de même qu'ils devaient apprendre en Espagne, le latin et le castillan. La bibliothèque de l'Escurial contient des dictionnaires arabes-grecs, arabes-latins, arabes-espagnols, qui eurent des musulmans pour auteurs.

Pendant cette première période d'initiation que l'on peut comparer au séjour que l'enfant doit faire au collège pour recevoir le trésor de connaissances accumulé par les générations qui l'ont précédé, la connaissance de l'antiquité gréco-latine formait la base essentielle de l'éducation de tout Arabe instruit. Les Grecs furent donc les premiers maitres des Arabes, mais ces derniers possédaient trop d'originalité dans la pensée et trop d'ardeur pour pouvoir se contenter longtemps de ce rôle de disciples qui devait suffire à l'Europe pendant tout le moyen age. Cette première phase de toutes connaissances fut franchie bientôt.

L'ardeur qu'ils apportèrent dans l'étude est véritablement frappante, et si, sous ce point de vue, plusieurs peuples les ont égalés, il n'en est pas peut-être qui les ait surpassés. Lorsqu'ils s'emparaient d'une ville, leur premier soin était d'y fonder une mosquée et une école. Dans les grands centres, ces écoles étaient toujours nom­breuses ; Benjamin de Toulède, mort en 1173, raconte en avoir vu vingt à Alexandrie.

Indépendamment des simples écoles pour l'enseignement, les grandes cités telles que Bagdad, le Caire, Tolède, Cordoue, etc., possédaient des universités munies de laboratoires, d'observatoires, de riches bibliothèques, en un mot, de tout le matériel nécessaire aux recherches scientifiques. L'Espagne, seule, avait soixante-dix biblio­thèques publiques. Celle du khalife El Hakem II, à Cordoue, contenait, d'après les auteurs arabes, six cent mille volumes, dont quarante quatre pour le catalogue seulement. On a fait justement remarquer à ce propos que, quatre cent ans plus tard, Charles le Sage ne put réunir, dans la bibliothèque royale de France, plus de neuf cent volumes, sur lesquels un tiers à peine n'étaient pas consacrés à la théologie.

2. - Méthodes scientifiques
des Arabes

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Les bibliothèques, les laboratoires, les instruments sont des matériaux d'ins­truction et de recherches indispensables, mais ce ne sont en définitive que des matériaux et leur valeur dépend uniquement de la façon dont on les utilise. On peut être rempli de la science des autres et incapable cependant de penser par soi-même et de créer quelque chose, être un disciple sans jamais réussir à devenir un maitre. Les découvertes exposées dans les chapitres qui vont suivre montreront le parti que les Arabes surent tirer des éléments d'étude réunis par eux. Nous nous bornerons maintenant à indiquer les principes généraux qui dirigèrent leurs recherches. Après avoir été de simples élèves ayant pour maitres les ouvrages grecs, ils comprirent bientôt que l'expérience et l'observation valent mieux que les meilleurs livres. Banale aujourd'hui, cette vérité ne le fut pas toujours : les savants du moyen age ont travaillé pendant mille ans avant de la comprendre.

On attribue généralement à Bacon la substitution de l'expérience et de l'obser­vation, bases des méthodes scientifiques modernes, à l'autorité du maitre ; mais il faut reconnaitre aujourd'hui qu'elle appartient tout entière aux Arabes. Cette opinion a été énoncée d'ailleurs par tous les savants qui ont étudié leurs oeuvres, Humboldt notam­ment. Après avoir établi que le degré le plus élevé de la science consiste à provoquer soi-même et à son gré des phénomènes, c'est-à-dire dans l'expérimentation, l'illustre observateur ajoute : « Les Arabes s'élevèrent à ce degré presque inconnu des anciens. »

« Ce qui caractérise surtout l'école de Bagdad à son début, dit M Sedillot, c'est l'esprit véritablement scientifique qui préside à ses travaux ; marcher du connu à l'inconnu, se rendre un compte exact des phénomènes pour remonter ensuite des effets aux causes, n'accepter que ce qui a été démontré par l'expérience, tels sont les principes enseignés par les maitres. Les Arabes du neuvième siècle étaient en pos­session de cette méthode féconde, qui devait être si longtemps après, entre les modernes, l'instrument de leurs plus belles découvertes. »

Expérimenter et observer, telle fut la méthode des Arabes. Étudier dans les livres et se borner à répéter l'opinion du maitre, fut celle de l'Europe au moyen age. La différence est tout à fait fondamentale. On ne peut apprécier justement la valeur scientifique des Arabes, qu'après l'avoir constatée.

Les Arabes expérimentèrent donc, et furent les premiers dans le monde - les seuls pendant longtemps - qui comprirent l'importance de cette méthode. « Si l'on compte à peine, écrit Delambre dans son Histoire de l'astronomie, deux ou trois observateurs parmi les Grecs, on en voit au contraire un nombre assez considérable chez les Arabes. » Pour la chimie, on ne peut citer aucun expérimentateur chez les Grecs, alors qu'on les compte par centaines chez les Arabes.

Dans l’édition papier de 1980

apparait à la page 342

la figure # 216

Ancien couvent de derviches, école et fontaine publique au Caire ;
d'après un dessin de Coste.

téléchargeable sur le site web : Les Classiques des sciences sociales
section Auteurs classiques : Gustave Le Bon (1841-1931) :
La civilisation des Arabes (1884).

Retour à la table des figures (ordre numérique sur le site web)

L'habitude de l'expérimentation donna à leurs travaux cette précision et cette originalité qu'il ne faut jamais s'attendre à trouver chez l'homme qui n'a étudié les phénomènes que dans les livres. Ils ne manquèrent d'originalité que dans une science où l'expérimentation était alors impossible : la philosophie.

La méthode expérimentale inaugurée par eux devait nécessairement les conduire à des découvertes importantes. L'examen que nous allons faire de leurs travaux scien­tifiques montrera en effet qu'ils réalisèrent plus de découvertes en trois ou quatre siècles que les Grecs pendant une période indéfiniment plus longue. Ce dépôt de la science passée, que les Byzantins avaient reçu avant eux, mais dont ils ne tiraient plus parti depuis longtemps, les Arabes le transmirent entièrement transformé à leurs successeurs.

Le rôle des Arabes ne se borna pas uniquement à faire progresser les sciences par leurs découvertes. Ils les propagèrent, aussi par leurs universités et leurs livres. L'influence qu'ils exercèrent à ce point de vue en Europe fut véritablement immense. Nous verrons, dans le chapitre spécial consacre à l'étude de cette influence, qu'ils furent pendant plusieurs siècles les seuls maitres que les nations chrétiennes connu­rent et que c'est uniquement à eux que nous devons la connaissance de l'antiquité gréco-latine. Ce fut seulement dans les temps modernes que l'enseignement de nos universités cessa de reposer sur des traductions de livres arabes.



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